2003
Architecture
Le Monde
Aménagement urbain
Habitat individuel
Habitat collectif
Habitat semi-collectif
Paysage
Gardanne
En 1948, les Houillères de Provence commandent à Fernand Pouillon associé à René Egger vingt et un logements de fonction à Biver, pour y loger des mineurs. Baptisée “cité Casablanca” pour ses toits plats, elle s’inspire en fait des principes des citésjardins anglaises avec ses maisons (rez de chaussée ou R+1) composées en sous espaces de voisinage (cour, placette…) autour d’un vaste espace vert commun. Les terrasses, les treilles, l’isolation des façades (laine de verre et doublage intérieur brique), les encadrements de fenêtres en saillie et les garages en portes voûtées portent la marque de l’architecture de Pouillon.

Suite à la cession du patrimoine immobilier de Charbonnages de France pour partie à la SAHLM SAFC et pour partie aux mineurs, la Commune de Gardanne doit faire face à des demandes individuelles d’extension du bâti (COS de 0,4, maisons de 70m2 habitable et parcelles supérieures à 600m2) pour lesquelles il devient nécessaire de fixer les règles. 

Comment peut-on, sans renier les qualités originelles de la cité, inscrire et développer de nouvelles formes d’usages et de densification de son territoire ? La commune sollicite donc le CAUE pour étudier les possibilités de modification et d’agrandissement des bâtiments existants, pour en définir les règles et les prescriptions architecturales et paysagères à respecter, afin de conserver la cohérence et l’harmonie de l’opération. Pour cela, le CAUE, avec la collaboration de Guillaume Perdereau architecte, réalise dans un premier temps l’inventaire des modifications successives de la cité, l’identification des marges de manoeuvre et du potentiel de constructibilité restant, permettant, dans un second temps, de dégager les principes d’une mutation contrôlée : la “face publique” de la cité donnant sur l’espace commun fera l’objet de recommandations architecturales visant à restaurer les caractéristiques architecturales identitaires, tandis que les extensions des maisons en R pourront se faire à l’arrière, dans le prolongement de la volumétrie existante. Les maisons à étage pourront s’étendre latéralement dans un nouveau volume en R+1 redonnant aux appartements hauts un lien avec leur jardin. Cette mutation devra également s’accompagner d’interventions publiques sur les franges de l’opération telles que l’ouverture sur le vallat ou l’aménagement d’une promenade piétonne au nord et de l’élaboration de recommandations paysagères visant à requalifier les limites publiques ou privées.

Emmanuelle Lott
Etudes CAUE 13